ETALONNAGE DUN COMPTEUR PAR LM


Résumé de la situation :
À la fin du printemps, mon compteur a décidé de faire grève.
Il avait déjà des symptômes inquiétants, avec l'aiguille qui balayait 20 ou 30 km/h ( p.ex., indication entre 90 et 110 km/h ), puis il a refusé de redescendre à zéro lors de l'arrêt.
Le seul traitement connu était l'amputation et la pose d'un nouvel instrument.
J'ai donc décidé de l'autopsier avant mise au rebut. Bien m'en a pris puisque depuis, il est guéri.
 
Une dernière image avant l'opération :
L'étiquette d'usine, avec le rapport de réduction : 1 tour = 1 mètre
 
Un aperçu des outils qui seront principalement utilisés :
 
On commence par dessertir le cerclage du compteur. C'est l'opération la plus délicate :
si elle est réalisée proprement, le cerclage pourra être resserti tout aussi proprement :
 
 
Le cerclage est sorti avec la glace et le joint :
 
On retire le diffuseur d'éclairage :
 
Sur le fond, 2 vis tiennent l'intérieur en place :
 
Ayé, l'est tout sorti de la boîte : 
 
Sur la cloche mobile, une marque au feutre repère alors la position de l'aiguille,
en prévision du remontage :
 
Après extraction de l'aiguille et dépose du cadran, on sépare les 2 parties du mécanisme :
 
2 vis tiennent tout en place : 
]
 
L'entrainement du totalisateur se fait par un renvoi
 
Les deux parties sont séparées, le bas contient un aimant mobile, entrainé par le flexible :
 
Le repère au feutre est marqué d'un minuscule trait de lime, tandis qu'un deuxième repère, fixe,
est tracé au crayon sur le corps en nylon ( il faut prévoir le remontage) :
 
Le ressort est amarré de façon rustique, éviter de le défaire, sous peine de détarer le compteur : 
 
On sort la rondelle de l'axe d'aiguille :
Cette rondelle est garnie de graisse, ainsi que l'axe. La graisse en vieillissant devient collante, ce qui augmente le couple exigé pour la rotation de l'axe ; lorsque ce couple dépasse la valeur minimum nécessaire, l'aiguille part d'un coup, et s'arrête lorsque le ressort la rappelle.
Elle va alors descendre en dessous de la valeur, et le cycle recommence.
C'est ce qui explique à la fois le balayage que l'aiguille effectue autour de la valeur de mesure, et le fait que le compteur reste coincé en route : si la graisse résiste au rappel du ressort, l'aiguille reste bloquée…
Le traitement va consister à dégraisser la rondelle et la partie supérieure du mécanisme pour en adoucir le fonctionnement.
 
On dépose le totalisateur, sans faire tourner les tambours :
 
Une fois effectué ce nettoyage, on remonte le mécanisme :
On peut mettre une giclée de WD40 sur l'axe pour lui éviter de travailler complètement à sec.
 
Le totalisateur présente 5 languettes qu'il faut aligner dans une rainure du corps supérieur :
 
Comme ça :
 
On vérifie que les repères sont en regard :
 
On s'assure que le totalisateur est bien monté, et que la rondelle est en place :
 
Une fois le cadran reposé, on peut sertir l'aiguille. C'est un emmanchement conique qui la tient
sur son axe, il faut donc y aller délicatement pour la reposer. J'utilise un petit tournevis pour
enfoncer l'aiguille en place :
Il faut alors vérifier que les indications du compteur sont correctes, et que rien ne gêne les mouvements de l'aiguille.
C'est la partie chi… te, car on peut avoir besoin de démonter plusieurs fois l'aiguille pour la remettre en place.
Une fois terminé, on passe à la dernière étape.
 
Un morceau de bois percé à l'emplacement des différentes vis et protrusions du fond du compteur
va servir à appuyer correctement le joint du cerclage sur le boitier lors du sertissage :
 
J'ai vérifié, la première image est prise à 14h04, la dernière à 16h28, et le sertissage n'est pas effectué. Il faut encore 15 à 20 minutes pour cela.
 
Bon amusement
 
LMT
____________________________________________________________
 
 
Comme Pascal m'a fait confiance pour son compte-tours, voici rapidement comment je le lui ai étalonné après la remise en état.
 
Il s'agit d'une opération plus délicate, mais indispensable, qui permet d'obtenir des indications cohérentes, à défaut d'être justes : on ne fera pas de miracles, la qualité de base du compteur ou du compte-tours est la même qu'avant d'intervenir.
 
Le matériel utilisé est également beaucoup moins folklorique, puisqu'il faut pouvoir entraîner le compteur à des vitesses connues, afin de comparer les indications obtenues avec celles qu'on devrait avoir en théorie.
 
On utilisera donc une perceuse inversible à variateur munie d'un morceau de flexible cassé, et un tachymètre numérique à laser qui servira de référence.
  
 
 
La perceuse doit pouvoir à l'envers, afin d'entraîner le compteur dans le bon sens (ben oui, réfléchissez : on a le cadran vers l'avant de la perceuse).
Le variateur permet d'ajuster la vitesse de rotation, pour avoir plusieurs valeurs de comparaison.
 
  
 
La chute de flexible vient à la place… du flexible, pour entraîner le compteur qu'on vérifie.
 
  
 
Le tachymètre à laser a la particularité de fonctionner sans contact avec l'organe tournant. Un réflecteur, apposé sur celui-ci, renverra le rayon laser vers le tachymètre, ce qui permet de mesurer la vitesse de rotation.
 
  
 
Ici, on utilise 2 morceaux de réfléchissant style SchotchLite®, ce qui double la fréquence de mesure de vitesse. (La vitesse indiquée est le double de la valeur réelle).
Les bracelets élastiques sont là pour éviter de coller des choses sur le mandrin de la perceuse.
 
  
 
Le mode opératoire est simple : on entraîne le compteur à une vitesse donnée,
contrôlée à l'aide du tachymètre laser, et on compare la lecture avec l'affichage.
 
 
 
On répète cette opération à une autre vitesse, afin d'avoir une deuxième comparaison, puis à une troisième
vitesse, aux alentours de la zone rouge, pour s'assurer que les indications correspondent toujours.
 
  
 
Le réglage se fait en jouant avec la position de l'aiguille, qui doit revenir au zéro lors de l'arrêt,
et avec la tension du ressort spiral. Celui-ci est fixé d'un côté sur l'axe d'aiguille, et de l'autre sur des doigts
du bâti supérieur du compteur. On peut jouer – avec prudence – sur cette extrémité du ressort,
pour en ajuster la tension afin d'obtenir l'affichage voulu.
 
  
 
L'étiquette sur le boîtier du compteur (ici c'est un compte-tours) donne une indication importante
, à savoir le rapport entre la vitesse d'entrée et la vitesse indiquée : 1/4, c'est-à-dire que 1000 t/mn du
flexible correspondent ici à 4000 t/mn du moteur.
 
Bon amusement.
 
LMT